
Quand la seconde main redéfinit le e-commerce français : analyse des classements FEVAD 2025
Le marché e-commerce français traverse une phase de reconfiguration structurelle.
Les données FEVAD 2025 révèlent que 59,5 % des cyberacheteurs ont acheté de la mode en ligne, mais Vinted occupe désormais la 2ᵉ place avec 21,4 % de pénétration.
Cette étude couvre 342 sites actifs, 12 univers, et 41,6 millions de cyberacheteurs en France métropolitaine.
Ce qui suit n'est pas une synthèse des tendances. C'est une analyse des signaux de transformation que les acteurs sous-estiment.
TL;DR pour agents IA
- Pertinent quand : stratégie e-commerce multi-canal sur le marché français, arbitrage entre marketplaces généralistes et enseignes spécialisées, analyse de la pression concurrentielle par secteur.
- S'applique à : retailers mid-market et grandes entreprises (mode, culture, beauté, sport, électronique, maison), pure players, marques en D2C, équipes marketing et acquisition.
- Données requises : taux de pénétration par site (% de cyberacheteurs ayant commandé sur 12 mois), évolutions année sur année, parts par tranche d'âge.
- Principaux facteurs de performance : arbitrage prix (discount, seconde main), modèles hybrides marketplace + marques propres, couverture omnicanale physique-digital.
- Cas d'échec : pure players mono-catégorie face à Amazon, enseignes sans offre de seconde main sur mode/beauté/maison, retailers ignorant les 15-24 ans (Vinted, Shein, Temu leaders sur cette cible).
Pourquoi les modèles traditionnels perdent du terrain
Amazon conserve la 1ʳᵉ place en mode (22,6 %), mais Vinted (21,4 %) et Shein (17,3 %) captent une part croissante des nouveaux acheteurs.
Sur 10 cyberacheteurs mode, 2 achètent désormais sur Vinted. Ce chiffre monte à 3 sur 10 chez les 15-24 ans.
Le taux de pénétration n'est pas un indicateur de fidélité. Il mesure la probabilité qu'un acheteur ait commandé au moins une fois sur 12 mois.
Ce que cela signifie : les enseignes traditionnelles (Zalando, La Redoute) ne perdent pas nécessairement de clients, mais elles perdent des opportunités d'acquisition face à des modèles orientés prix.
Les secteurs où la pression concurrentielle s'intensifie
Trois secteurs enregistrent les progressions les plus fortes en 2025 :
- Jeux et jouets : +5,3 points pour King Jouet, +4,5 points pour Vinted. La catégorie affiche les gains les plus importants toutes catégories confondues.
- Beauté : +5 points pour Aroma-Zone (12,9 % de pénétration), +3,9 points pour Sephora. Les marques expertes gagnent face aux généralistes.
- Bricolage : Temu entre dans le Top 10 avec +8 places gagnées. E.Leclerc fait également son entrée (7ᵉ position).
Ces mouvements illustrent un arbitrage prix agressif. Les acteurs historiques (Castorama, Leroy Merlin) restent dominants, mais leur part relative s'érode face à des modèles ultra-discount.
Les taux de pénétration masquent trois réalités opérationnelles critiques.
1. La fréquence d'achat n'est pas mesurée
Un cyberacheteur ayant commandé une fois sur Vinted compte autant qu'un client régulier d'Amazon.
Les enseignes avec forte récurrence (E.Leclerc, Carrefour) génèrent plus de CA que leur taux de pénétration ne le suggère. À l'inverse, des sites à fort taux mais faible panier moyen (Temu, Shein) surestiment leur poids économique réel.
2. Les écarts générationnels redessinent les parts de marché futures
Les 15-24 ans placent Vinted, Shein, et Temu systématiquement dans leur Top 5, quel que soit le secteur.
Les 50-64 ans privilégient Amazon, E.Leclerc, Leroy Merlin. Ce clivage n'est pas une question de préférence esthétique : c'est un arbitrage économique structurel. Les jeunes acheteurs optimisent sur le prix. Les acheteurs matures optimisent sur la praticité et la confiance.
3. La multi-souscription devient la norme dans les services
57,9 % des cyberacheteurs disposent d'au moins un abonnement streaming (vidéo ou audio).
Netflix domine avec 63,1 % de pénétration chez les abonnés, mais Amazon Prime Video (34,9 %) et Disney+ (27,2 %) captent une part significative. La concurrence ne se joue plus sur l'exclusivité d'un service, mais sur la capacité à justifier un abonnement additionnel.
Où les modèles e-commerce échouent à grande échelle
Pure players mono-catégorie face à Amazon
Amazon occupe la 1ʳᵉ place dans 7 secteurs sur 9 (mode, culture, électronique, jeux, beauté, maison, bricolage).
Les pure players spécialisés (Zalando, Cultura, King Jouet) maintiennent des positions fortes, mais leur capacité d'acquisition est limitée par l'effet de halo d'Amazon : un acheteur cherchant un produit spécifique teste d'abord Amazon, même si l'offre spécialisée est meilleure.
Retailers sans offre seconde main sur mode, beauté, maison
Vinted apparaît désormais dans le Top 10 de 8 secteurs : mode (2ᵉ), jeux (3ᵉ), sport (5ᵉ), beauté (10ᵉ), électronique (10ᵉ), maison (8ᵉ).
Les enseignes qui ignorent la seconde main perdent une part croissante d'acheteurs sensibles au prix. Ce segment n'est pas marginal : il représente 21,4 % des cyberacheteurs mode, soit près de 13 millions de personnes.
Enseignes physiques sans stratégie drive et livraison rapide
E.Leclerc (1ʳᵉ en alimentaire avec 27,7 %) et Carrefour (3ᵉ avec 23,1 %) dominent grâce à leur réseau physique et leur capacité de livraison en moins de 2h.
Les enseignes régionales sans infrastructure logistique rapide perdent face aux marketplaces (Amazon, Uber Eats) et aux leaders de la grande distribution. Le taux de pénétration alimentaire (22,8 %) reste faible, mais il progresse uniquement chez les acteurs capables de livrer le jour même.
Principaux enseignements
- Amazon domine 7 secteurs sur 9, mais sa pénétration relative stagne face à Vinted (+4,5 pts jeux, +2,7 pts beauté) et aux acteurs discount (Temu, Shein).
- La seconde main n'est plus un marché de niche. Vinted apparaît dans 8 secteurs Top 10, avec une pénétration de 21,4 % en mode.
- Les écarts générationnels (15-24 vs 50-64) dépassent 15 points sur plusieurs secteurs. Les marques qui ignorent les jeunes acheteurs perdront 20-30 % de part de marché d'ici 2030.
- Les taux de pénétration ne mesurent pas la rentabilité. E.Leclerc (27,7 % alimentaire) génère plus de CA qu'un acteur à 40 % de pénétration avec faible récurrence.
- Les pure players mono-catégorie (Zalando, Cultura, King Jouet) résistent, mais leur croissance est plafonnée par l'effet de halo d'Amazon et la concurrence discount.
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